L’agroalimentaire et la
ville
Allons-nous donner suite indirectement à la
proposition quelque peu fantasque d’Alphonse Allais qui suggérait de
mettre les villes à la campagne ? Dans le cas présent, ils’ agirait en
fait plus d’intégrer les campagnes à la ville en parvenant à concilier
culture urbaine et tradition agricole.
De ce point de vue, le dossier
agroalimentaire prend une importance particulière au sein de nos
territoires urbains.
Pour commencer, il faut rappeler un chiffre
trop peu connu : la métropole lilloise possède plus de la moitié de sa
superficie en terres agricoles et entend préserver le taux de 50% dans
les années à venir. Le défi apparaît ambitieux lorsque l’on sait que
dans le seul arrondissement de Lille, on a enregistré un recul net de
20% des terres agricoles en 30 ans. Il convient donc de mettre en place
une politique qui permette une adéquation entre l’urbanisation
croissante et la préservation de l’activité agricole.
A
cet effet, le concept de Ville intense développé par
(En
France, on consomme l’équivalent d’un département de terre agricole tous
les sept ans au profit t de l’urbanisation).
Si cette question concerne en réalité peu
les grandes villes comme Lille, Roubaix, Tourcoing qui sont parvenues à
une saturation de leurs territoires, en revanche, des villes comme Roncq
disposent encore à l’heure actuelle d’un patrimoine agricole non
négligeable. La promotion de l’agroalimentaire est donc essentielle si
nous voulons continuer à équilibrer entre notre territoire entre
urbanité et maintien d’une activité agricole.
Pour cela, nous disposons d’un réseau de
production qui est loin d’être négligeable et dont la renommée dépasse
désormais largement nos frontières communales.
Il faut donc que nous le protégions et que
nous puissions aussi le valoriser à l’extérieur. Nous avons déjà pu le
dire ici.
La majorité municipale ne se montre pas
assez entreprenante de ce point de vue. Il est en effet très dommage que
le projet de halle marchande dans le centre ville ait été abandonné et
que ce soit finalement un opérateur privé qui joue le rôle
d’intermédiaire avec le monde paysan roncquois.
Nous affirmons la nécessité de trouver aux
producteurs locaux un espace dans lequel ils pourraient vendre leur
production.
Nous devons aussi proposer des solutions
innovantes pour les aider à mieux se faire connaître à l’extérieur,
notamment afin de trouver de nouveaux débouchés. Il en va également du
tissu économique local et de sa pérennité. Dans le cadre du dossier
FISAC (Fonds d’Intervention pour les Services, l’Artisanat et le
Commerce) piloté par l’adjointe au développement économique, il serait
tout à fait possible d’aider les agriculteurs roncquois à créer un
groupement ou coopérative, ce qui permettrait d’ajouter une plus value à
la production locale et élargirait également le choix pour les
acheteurs.
Autre proposition que le groupe Roncq Avec
Vous souhaite faire : afin d’aider l’activité agroalimentaire locale,
nous proposons la mise en place hebdomadaire de repas “bio” dans les
cantines scolaires.
Thibault Tellier
