Les élus réveillonnent au conseil...
Publié le jeudi 22 décembre 2011 à 06h00
Un million d'euros sera au budget 2012 pour la
maison de quartier.
À croire que les élus du conseil ne voulaient pas
terminer 2011 sur une séance comme les autres : 18 points à l'ordre du
jour, des débats houleux, des points de discorde là où on ne les
attendait pas.
Tout cela aura duré plus de 3 h 30.
DOMINIQUE SALOMEZ > dominique.salomez@nordeclair.fr
Lors du conseil municipal de mardi, les élus avaient gardé le meilleur
pour la fin du conseil : le vote du budget primitif (BP) de 2012 par
lequel nous commencerons ce compte rendu. Patrick Bossut a présenté un
budget de 18, 5 millions d'euros. Parmi les recettes de fonctionnement,
les impôts et taxe représentent 10,7 millions d' E des 15,8 millions. À
ce titre et comme prévu la taxe d'habitation, les taxes foncières sur
les propriétés bâties et non bâties restent inchangées : 32,12%, 31,02%
et 25, 93%.
Pas de hausse des taxes
Du côté des dépenses, l'élu s'est félicité d'un léger recul des frais de
gestion. Devant l'augmentation constante du coût des fluides, Patrick
Bossut a attiré l'attention sur l'importance de mettre en oeuvre « un
nouveau cycle d'efficience. (...) Nous nous sommes fixé des réductions
de charges à caractère général de 8% ». Les charges de personnels
représentant 51% des dépenses, « contre 60% à l'échelon national » . Le
budget de fonctionnement consacre par ailleurs 500 000 E pour la caisse
des écoles, 320 000 E pour le CCAS, 400 000 E pour les écoles privées et
650 000 E pour le service des familles.
Le débat s'est fait sur le choix des investissements (voir le détail
ci-contre). Dans le groupe « Roncq avec vous » (duquel s'est détachée
Catheleen Coppin-Quivron), Éric Zajda a regretté le manque d'action dans
le secteur social. Thibault Tellier, qui s'est montré une fois n'est pas
coutume plus que virulent que Guy Plouvier, a dénoncé ce budget en
quatre points : le projet de 3e centralité sur lequel l'élu agacé (re)demande
qu'un débat ait lieu. Concernant le développement durable, le leader du
groupe d'opposition pointe « ce dossier en panne au plan local » . Sur
la politique de la sécurité et le rôle des ASVP, Thibault Tellier
rapportait le manque de chiffres sur la sécurité et la baisse du nombre
d'agents.
Enfin concernant le centre de la petite enfance (lire ci-dessous), l'élu
mettait en comparaison l'investissement engagé ( 3 millions au total)
par rapport à l'évolution de la population et la « faillite » de la
politique jeunesse. « Il y a une baisse de la population que nous
n'arrivons pas à enrayer ». Les remarques de l'opposition n'ont pas été
du goût du maire : « Le débat d'orientions budgétaires a eu lieu il y a
un mois. On ne vient pas avec un catalogue de remarques le soir du vote
du budget ».
Vincent Ledoux a rappelé que les ASVP avaient la charge d'animer la zone
bleue : « Sur notre territoire les choses fonctionnent bien ».
Quant au développement durable le maire expliquait vouloir se garder
« d'annonces bling bling mal venues ». Au sujet de la politique de
jeunesse, le maire a joué dans la nuance en éclarant qu'elle n'était pas
« totalement efficace ». Dans la confusion et la fatigue de cette fin de
conseil, le trublion Guy Plouvier a par mégarde voté pour le budget.
Avant de s'en mordre les doigts dans l'hilarité générale. Oui, à croire
que les élus ne voulaient pas que ce soit un conseil comme les autres.w
L'opposition critique sur la Promenade de Flandre
On ne s'attendait pas à ce que le sujet fasse l'objet d'un échange si
vif entre la majorité et les oppositions. Le projet de la Promenade de
Flandre n'est pas vu d'un bon oeil par ces dernières qui dénoncent un
temple de la consommation. Mardi
soir les élus délibéraient sur la ZAC du Petit Menin qui doit accueillir
l'espace commercial Promenade de Flandre sur le territoire de Neuville,
Tourcoing et Roncq (Né du 07/12 et 20/12). Il s'agissait notamment de
reprendre au PLU certaines parcelles, d'approuver la création d'un
échangeur en bordure de l'A22 (anciennement sur le site Grimonprez). À
cette occasion, la majorité, solidaire du projet, a formulé un voeu. Si
la ville n'accueille pas sur son territoire proprement dit l'une des
40 enseignes, elle souhaite que LMCU étende ses aménagements jusque dans
la rue du Dronckaert notamment par une mise en lumière et une
végétalisation. « S'agissant là d'une entrée de ville, celle-ci mérite
mieux que le "chahut" visuel actuel et le "mitage" commercial »,
soulignait l'adjoint Michel Pétillon. Les deux oppositions se sont
montrées très critiques vis-à-vis de ce pôle commercial. « On n'aura
aucun avantage et tous les inconvénients de ce temple de la
consommation. Ça va amener des milliers de voitures », s'inquiétait Guy
Plouvier. « Je ne peux pas laisser dire des choses aussi incroyables,
s'est emporté le maire Vincent Ledoux, ce territoire a une longue
histoire de désindustrialisation. Nous sommes ici sur un projet
économique qui va créer des emplois pour le chantier et sur l'activité
commerciale (soit respectivement 200 et 800 emplois). Regardez le CVE et
Esterra : tout le monde reconnaît aujourd'hui l'importance de ces
institutions ». Thibault Tellier pour « Roncq avec Vous » n'a pas tardé
à objecter « l'enthousiasme » du maire. « J'ai l'impression de relire
les projets des années 70 avec des centres commerciaux aux portes des
villes. C'est curieux de faire disparaître 25 hectares (en fait 40 en tout) d'un coup de
plume. Le CVE a une utilité publique, on n'est pas dans les mêmes
fonctions ! Pour qui travaille-t-on sur ce projet qu'on a appelé
"Promenade de Flandre" si ce n'est pas pour la Belgique et la famille Mulliez
qui ne paie même pas ses impôts en France ? », s'exaspérait l'élu. De
quoi provoquer l'ire de Michel Pétillon. « Il ne faut se réveiller trop
tard, c'est un projet qui a 20 ans, il aurait fallu mener le combat un
peu plus tôt. Si vous voyez pas la différence avec un projet des années
70's, c'est que vous avez une mauvaise lecture », reprochait l'adjoint
en rappelant qu'il y a trois ans « Roncq avec vous » n'avait pipé mot.
Ce à quoi Thibault Tellier a souligné son arrivée toute nouvelle dans
l'enceinte du conseil à l'époque. Le mot de la fin sur le sujet revient
au maire : « Ces décisions ne sont pas de notre ressort, nous sommes en
bas de la chaîne... »wD.SA.
3 millions pour la petite enfance
Deux baux emphytéotiques ont été renouvelés : celui du multiaccueil
de la rue Destombes et
celui de la
Jules-Watteeuw. Sur ce dernier site, les travaux de
centre de la petite enfance devraient commencer en 2012. Le coût
3 millions d'euros. Depuis plus de 20 ans, la ville de Roncq délègue la
gestion de l'accueil de la petite enfance à l'association « Service des
familles », via un « contrat enfance jeunesse » avec la CAF. L'association -
qui compte 25 équivalents temps pleins et accueille 125 enfants
roncquois- gère trois structures : deux multiaccueils, rue Destombes et
rue Watteeuw et une crèche familiale (au domicile de chacune des
assistantes maternelles), soit en tout 76 berceaux. Le conseil (sauf Guy
Plouvier) a voté le financement prévisionnel de l'association, soit
650 000 E pour 2012. Pour consolider ce partenariat, deux baux
emphytéotiques ont été renouvelés. L'un pour la structure de la rue Destombes (bail
de 18 ans avec une redevance annuelle de 4080 E). L'autre d'une durée de
30 ans pour la rue
Watteeuw, à titre gratuit. C'est ce dernier site qui
accueillera une structure agrandie de 850 m², il rassemblera le multiaccueil de
30 berceaux (contre 24 avant), le relais des assistantes maternelles, la
protection maternelle et infantile et le siège du Service des familles
soit un projet de 3 millions d' E (soutenu par la CAF et le conseil
général avec 600 000 E, la ville avec 1,7 million d' E et le service des
familles pour 1,3 million). Un budget supplémentaire devrait être
prévu en 2012 pour amorcer les travaux. Thibault Tellier s'est inquiété
de la capacité poussée à 30 places : « On est dans une politique de
casse du service public, on va dans les années prochaines vers la
disparition de l'accueil des enfants de deux ans dans les écoles. N'y
a-t-il pas une disproportion entre le montant financier et l'accueil
proposé ? ». Le maire a exprimé « sa confiance aux professionnels du
service des familles. C'est un projet calibré avec la CAF et le conseil
général. Nous ne sommes pas dans une mesure de jardin d'enfants mais de
petite enfance avec un taux d'occupation de 78 %. Nous verrons bien le
moment venu ». D.SA.